Philosophie

Yama #1 – AHIMSA = ne pas être violent·e

Note 1 : Avant de lire cet article, assurez-vous de savoir ce que sont les Yamas et Niyamas. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez consulter l’article : Les 8 branches du yoga.

Note 2 : Ahimsa est le thème des cours de yoga de l’abonnement (Knit &) Yoga illimité pour le mois de juin. Pour en savoir plus sur l’abonnement, vous pouvez cliquer sur le lien suivant : Abonnement (Knit &) Yoga illimité.

Ahimsa, la non violence, est la fondation de tous les autres yamas. Il nous invite à trouver la juste relation avec les autres et envers soi-même : pas d’abnégation mais pas non plus d’autoglorification. Tout est une question d’équilibre !
Cette ligne de conduite nous permet de mieux vivre ensemble, de partager des choses et de faire ce que nous voulons sans causer de tord à autrui ou à nous-mêmes.

Etre plus tolérant·e

Lorsque nous évoquons la notion de violence, nous pensons souvent en premier à la violence physique ou verbale envers autrui. Or la violence peut être plus subtile. Par exemple, lorsque nous sommes stressé·e·s, fatigué·e·s, déboussolé·e·s… (au bout du rouleau en somme), nous nous dévalorisons facilement et nous pouvons avoir des mots ou des pensées durs envers nous-mêmes. Ce comportement est aussi une forme de violence. En cultivant l’amour de soi, nous sommes plus tolérant·e·s envers nous-mêmes et cela nous permet d’être également plus tolérant·e·s envers les autres. Par exemple, lorsque j’étais développeuse en informatique, j’étais très pointilleuse sur la propreté du code, je ne m’autorisais pas à laisser du code qui ne soit pas nickel et j’étais clairement intolérante envers les collègues qui codaient d’une manière que je ne considérais pas comme « propre ». J’avais clairement des pensées pas très charitables à leur égard, j’étais donc bien loin de pratiquer ahimsa !!
Notre capacité à être non violent·e·s envers les autres est donc clairement liée à notre capacité à être non-violent·e·s envers nous-mêmes.

Avoir moins peur

La peur crée la violence et c’est ce que l’Histoire nous a malheureusement appris. Parce que certain·e·s ont peur, iels se replient sur elleux-mêmes et, par crainte d’être agressé·e·s, iels attaquent en premier. C’est souvent ainsi qu’ont débutées les différentes guerres mais ce sont aussi des comportements qui s’observent entre 2 individus. Il est donc fondamental de faire la différence entre la peur qui nous maintient en vie (instinct) et la peur qui nous empêche de vivre. Ce 2ème type de peur est justement celui qu’il faut explorer pour sortir de notre zone de confort et s’ouvrir à d’autres possibilités. Ce type de peur n’existe que dans notre imagination ! Il faut donc trouver le courage de l’affronter.
Nous avons tout à apprendre en allant à la rencontre de nos peurs et nous en ressortirons forcément grandi·e·s. Si je prends un exemple personnel, j’ai changé plusieurs fois de travail mais à chaque fois, avant de prendre la décision de changer, j’étais toujours tiraillée entre le fait que j’étais mal dans mon travail actuel mais j’avais peur du changement. Finalement, à chaque fois, j’ai fini par prendre mon courage à deux mains et j’ai changé de société. Cela m’a systématiquement fait le plus grand bien et j’ai appris de nouvelles choses dans la société où j’avais atterri. Ce ne fut pas facile mais au final, ce fut toujours bien mieux après !
Le courage ce n’est pas l’absence de peur, c’est la capacité à avoir peur sans être paralysé·e.
Pour affronter ses peurs, il est indispensable d’avoir une vie équilibrée dans laquelle du temps pour soi est aménagé. Si nous passons notre temps à courir, nous ne pouvons pas nous poser pour faire face à nos peurs. Nous ne sommes pas disponibles pour nous-mêmes et encore moins pour les autres. Nous en revenons donc à une situation de violence.

Choisir sa façon de réagir

Le sentiment d’impuissance face à une situation peut conduire à la violence : frustration, sentiment d’incompétence, exaspération, colère…
Or n’oublions pas que même lorsque nous avons l’impression d’être coincé·e·s, de ne plus avoir le choix, nous pouvons toujours décider de changer l’histoire que nous nous racontons vis-à-vis de ce sentiment d’impuissance en se posant la question suivante : « Que dois-je faire tout de suite pour me sentir compétent·e dans la gestion de cette situation ? ». Voici 3 pistes de réflexion pour changer d’attitude :

  • pratiquer la gratitude : n’en avons-nous pas déjà fait assez ?
  • faire confiance à la vie : c’est ok de ne pas avoir réponse à tout.
  • penser aux autres : suis-je vraiment obligé·e d’affronter cette situation seul·e ?

Faire confiance

Vouloir arranger la vie des autres parce que nous ne sommes pas forcément bien dans la nôtre ne nous aidera pas à aller mieux et n’aidera pas non plus les autres. Il est plutôt probable que nous finissions par les blesser. Il est important de se rappeler que nous ne pouvons pas savoir pour les autres ce qui est le mieux pour eux (et inversement, évidemment).
Nous devons faire confiance à la souffrance, aux challenges et aux erreurs, ce sont eux qui nous rendent plus forts.
S’inquiéter pour autrui peut devenir une forme de violence qui se cache derrière du « prendre soin ». Lorsque nous nous inquiétons pour quelqu’un·e, c’est parce que nous n’avons pas entièrement confiance en sa capacité à réagir face à la situation dans laquelle iel se trouve. Il est important de bien faire la différence entre aider et supporter quelqu’un·e.
Parfois, il faut juste s’assoir à côté de l’autre et être là pour lui sans forcément faire les choses à sa place ou lui dire comment faire.
Travailler sa compassion pour les autres en les rencontrant là où iels sont et en étant là pour elleux nous éloigne de la violence.

Si comme moi, après avoir lu ces lignes, vous pensez que vous faites tout de travers et qu’il y a encore du travail à accomplir pour maîtriser ahimsa, rappelez-vous la question posée un peu plus haut et les 3 pistes de réflexion, ça vous aidera à aller mieux. Pour ma part, au moment où j’écris ces lignes, je choisis la gratitude et je verrai plus tard pour la suite. Un pas après l’autre, c’est la seule façon d’avancer ! (et accessoirement, j’opte aussi pour le point 3 car j’ai rendez-vous avec la psy dans 30 min)

Photo de Conscious Design sur Unsplash.

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